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Colonisation, racisme et roman national en France

Catherine Coquery-Vidrovitch

Abstract


Abstract

France’s imperial past is part of French history as a whole, but few French historians seem willing to accept this idea. Since the early 2000s, history, memory, and politics have been emotionally intertwined in this regard: witness President Sarkozy’s notion of a “national identity” limited to the country’s borders or the idea of a national museum of French history. However, contrary to popular belief, the French have not closed the books on colonization. “Colonialism,” as practiced by the French, is deeply ingrained in the French psyche, having been shaped during the last few centuries by a dominant imperial ideology, all the more difficult to shake off so entrenched has it become in inherited postcolonial culture. Since much of recent immigration is of colonial origin, this poorly integrated history — reflected today in postcolonial racism — adversely affects the French “beurs” or “blacks” who are its descendants, proving that France has not yet completed its decolonization. Nevertheless, the recent (belated) opening to “postcolonial studies” allows us to rethink the diversity and crossbreeding of knowledge production. The message is making inroads in parts of public opinion.

Résumé

L’histoire impériale est partie prenante de l’histoire française dans son ensemble, mais peu d’historiens de la France acceptent cette idée. Depuis le début des années 2000, l’histoire, la mémoire et le politique se sont à ce propos enchevêtrés de façon passionnelle: ainsi l’idée lancée par le président Sarkozy d’une “identité nationale” réduite à l’Hexagone ou celle d’un musée de l’histoire de France. Or, contrairement à une idée reçue, la colonisation n’a pas été pour les Français une parenthèse qui se serait refermée. Le “colonialisme” à la française est enraciné car il a été façonné tout au long des derniers siècles par une idéologie impériale dominante dont les Français ont d’autant plus de mal à se dégager qu’elle fait désormais partie de la culture postcoloniale héritée. Une grande partie de l’immigration récente étant d’origine coloniale, les Français “beurs” ou “noirs” qui en sont les descendants pâtissent de ce passé mal intégré qui se traduit aujourd’hui par un racisme postcolonial, démontrant que la France n’a pas encore effectué sa décolonisation. Néanmoins, l’ouverture récente (donc tardive) aux “postcolonial studies” permet de repenser la diversité et les métissages du monde de la production des savoirs. Le message commence à passer dans une partie de l’opinion.


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©Copyright CAAS/ACEA 2009. Last updated: June 2010
ISSN 1923-3051