Les Emprunts au genre horrifique et pornographique dans le cinéma français contemporain

Romain Chareyron (romainchareyron@gmail.com)
Département de langue modernes et d'études culturelles, University of Alberta, Edmonton, Canada
mai, 2010
Texte intégral (site externe)
 
Après une Licence d'anglais obtenue à l'Université Jean Monnet (Saint-Etienne, France), j'ai effectue une Maitrise d'anglais spécialisée dans les études cinématographiques à l'Université du Mirail, à Toulouse, sous la direction de Raphaëlle Costa de Beauregard.
J'ai effectué mon Doctorat dans le département de français de l'Université de l'Alberta (Edmonton, Canada), où je me suis spécialisé en cinéma français contemporain.
 

Résumé

Cette thèse a pour but de fournir une nouvelle compréhension de certains films français contemporains dont l’esthétique emprunte à certains éléments visuels et/ou techniques propres au genre horrifique ou au genre pornographique. Pour ce faire, nous avons choisi d’adopter une démarche inductive, basée sur une analyse sémiotique de l’image. Il s’agit ici de mettre à jour des schémas opératoires, dans le but de comprendre l’image filtrée par le phénomène d’emprunt ainsi que ses diverses implications. Au travers des six analyses filmiques qui composent la thèse, nous souhaitons parvenir à établir une typologie visuelle des différentes formes d’emprunts, et ce afin de voir quel en est le fonctionnement et quelles en sont les répercussions, sur l’image filmique ainsi que sur le spectateur.

Nos analyses nous amèneront à porter notre attention sur quatre concepts qui seront le fondement de notre réflexion ; nous observerons comment le phénomène d’emprunt appelle une redéfinition du genre filmique, où ce dernier n’est plus compris comme l’addition de composantes fixes, mais comme une donnée malléable, se prêtant aux expérimentations visuelles aussi bien que narratives. Nous verrons ensuite comment le phénomène d’emprunt lui-même doit s’envisager comme une donnée active et productrice de sens. Sens qui se situe dans un entre-deux interprétatif, du fait de l’hybridité de l’image qui résulte d’un tel phénomène. Nous chercherons également à comprendre la nature de cette hybridité ainsi que son fonctionnement, en nous penchant sur la place qu’occupe le spectateur face à ces images. Nous démontrerons qu’un tel travail sur l’image filmique requiert une instance spectatorielle d’une nature différente, en ce que le spectateur, afin d’intégrer ces fictions, doit abandonner son rôle de simple « regardant » afin de devenir un « interprétant » de l’image. Enfin, nous mettrons en lumière une donnée centrale aux différents types d’emprunts, à savoir le corps humain. Que cela soit à travers l’actualisation, par l’emprunt, d’invariants appartenant a l’horrifique ou bien au pornographique, notre thèse a pour but de montrer que chaque film étudié trouve un fond commun dans la manipulation subversive des images traditionnelles du corps.