Quelles langues de la francophonie pour la traduction de l’hétérolinguisme dans les nouvelles d’Olive Senior ?

Marie-Annick Montout

Résumé


Donner la parole à ceux qui n’ont pas la plume pour écrire, tel est le projet esthétique d’Olive Senior. Dans ses nouvelles, le langage est ce qui permet aux personnages de parler d’eux-mêmes, de se libérer, de se trouver, de créer leur propre identité en usant de toutes les variétés de langues à leur répertoire, parfois à l’intérieur d’une même phrase. Le texte écrit est le lieu d’expression de leur vive voix, celle par laquelle se dit leur personnalité et leur culture. C’est pourquoi la langue retenue pour la traduction doit former un nœud indissoluble entre le fond et la forme.
Prenant appui sur des extraits de quatre nouvelles d’Olive Senior récemment parues en traduction, le présent article se propose de montrer que l’exportation des nouvelles d’Olive Senior ne peut pas s’envisager sans une exportation de la culture jamaïcaine par la langue.

To give speech and voice to those who do not have a pen to write is Olive Senior’s aesthetic project. In her short stories, language enables the characters to speak for themselves and about themselves, to tell who they really are, or create their own identity. To that end, they use all the varieties of languages they can, sometimes within one and the same sentence. The written page is a space where their words reveal their personality and culture. This is why the language in which Olive Senior’s short stories are translated cannot but tightly tie together form and subject matter.
Taking four of Olive Senior’s short stories recently translated into French as a food for thought, this paper aims at showing that exporting Olive Senior’s short stories means exporting Jamaican culture.

Mots-clés


Olive Senior, hétérolinguisme, identité, Jamaique, culture

Texte intégral :

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ISSN : 1916-8470