De la Francophonie “centripète” à une Francophonie périphérique

Virgine Marie

Résumé


Résumé :
La définition d’un français standardisé se développe massivement au moment où les termes de francophonie et régionalisme sont reconnus pour la première fois dans la langue. Mais entre leur première attestation à la fin du XIXe siècle et leur usage répandu dans les années 1960 et 1970, la réalité qu’ils dénotent et leur fréquence d’utilisation a fort évolué. En effet, dans un contexte historique qui présente un rapport contraignant entre la diversité des patois et un français national voire international, entre l’universel et le particulier, il ne semble pas étonnant que le terme francophonie renvoie à une vision essentialiste, monolithique et centrifuge de la langue française qui n’a de sens que dans un rapport généralisant avec la variation. Les années 60 marqueront le passage progressif de la tendance centrifuge universalisante à la tendance centripète particularisante qui tend à souligner et à afficher la variation. Dans le cadre de cet article nous montrerons que les réalités désignées par nos deux termes s’appuient sur le contexte néo-colonialiste et post-colonialiste, et que leur acception actuelle s’oriente vers une vision un peu plus décentralisée de la langue française. Nos observations prennent tout leur sens dans une problématique articulant les notions de centre et de périphérie et ouvrant ainsi une réflexion sur la dimension utopique de la Francophonie.

Abstract :
The definition of a standardized French has massively developed as the concepts of Francophony and regionalism have been recently accepted in the language. But between their first occurrence at the end of the 19s century and their usage which has spread during the 1960s and 1970s, the reality which they denote and the frequency of their use have largely evolved. Indeed, in a historic context which presents a binding relationship both between the variety of dialects and national (even international) French and between the universal and the private individual; it does not seem surprising that the term Francophony denotes an essentialist, monolithic and centrifugal vision of the French language, which makes sense only when coupled with variation. The 1960s saw a more progressive passage from a universalizing inner trend to particuliarising outer trends which emphasise and highlight variation. This article shows that the realities indicated by the two terms are based on the neocolonialist and post-colonialist context, and that their current meanings turn out to be a more decentralized vision of the French language. The notions of the inner and the outer open up a discussion on the utopian dimension of Francophony.

Mots-clés


Francophonie, politique linguistique, Senghor

Texte intégral :

Article




ISSN : 1916-8470