Albertine, en cinq temps masculinisée ? Regard féminin/féministe sur la traduction polonaise

Aleksandra Chrupała, Joanna Warmuzińska-Rogóż

Résumé


La représentation scénique d’Albertine, en cinq temps de Michel Tremblay (le titre polonais : Pięć razy Albertyna) a vu le jour au Theâtre de Silésie (Teatr Śląski) à Katowice, où le metteur en scène, Gabriel Gietzky, a monté la pièce traduite vers le polonais par Jacek Mulczyk-Skarżyński. Le spectacle a poussé les auteures de l’étude à réfléchir sur des enjeux intéressants entre les genres : féminin – masculin, que ce soit au niveau de l’auteur et son personnage, l’auteur et le traducteur, le traducteur et sa langue d’arrivée, soit sa langue MATERNELLE. Dans le cas d’Albertine, en cinq temps, c’est l’homme qui se prend pour tâche de transmettre le langage de femmes. Par la suite, le texte tremblayen est soumis à la traduction du traducteur-homme qui fait paraître la version polonaise d’Albertine dans sa langue maternelle. Ainsi surgit une question, à savoir si l’on peut parler dans ce cas d’un langage masculin dévoilé en un costume féminin. Pour répondre à cette question, les auteures de l’article proposent de centrer leur réflexion sur la notion de fidélité qui dans la conception gender de la traduction met en jeu des relations fort complexes entre l’original et la traduction ainsi que parmi les acteurs qui participent à l’opération traduisante, et ceci dans le cadre de la métaphore renvoyant à des enjeux entre féminin et masculin. Suivant la conception de Lori Chamberlain décrite dans son essai « Gender and the Metaphorics of Translation » (1988), on tente de vérifier une relation entre l’auteur de la traduction (dans ce cas : un homme) et la langue vers laquelle il traduit (sa langue maternelle). Cette perspective permet d’étudier le degré de « masculinisation » du langage des personnages féminins chez M. Tremblay dans la traduction polonaise.

Focused on the scenic representation of Albertine, en cinq temps (Albetine in Five Times) by Michel Tremblay (the Polish title: Pięć razy Albertyna) in the Silesian Theater (Teatr Śląski), the article accounts for a reflection about the interesting relations between the genders : female vs. male, irrespective of whether it is on the level of the author and his hero, or the author and the translator, or, last not least, the translator and the target language, in other words, his mother tongue. In case of Albertine, en cinq temps, it is a man who undertakes transmission of the female language. Subsequently, the text by M. Tremblay is subject to translation by the male translator who makes appear the text in his mother language. Henceforth, comes up the question regarding a presumed male language disguised in a female costume. In order to answer this question, the authors of the paper focus their attention on the notion of accuracy that in the gender concept of translation engages the complex relations between the original and its translation as well as among the actors who take part in the translation operation, and all that in the scope of the metaphor referring to the relations between female and male.
The perspective applied in this paper, which follows the concept of Lori Chamberlain referred to in her essay « Gender and the Metaphorics of Translation » (1988), enables studying the degree of « masculinization » of female heroes language by M. Tremblay in the Polish translation and provides the proof of a double view: at the same time female/feminist and subjective, at the chosen text.

Mots-clés


Traduction, féminin, féministe, masculinisation, langage.

Texte intégral :

article




ISSN : 1916-8470