Les études francophones en Finlande : entre francophonie liquide et solide ?

Fred Dervin, Marjut Johansson

Résumé


Cet article s’intéresse à la place accordée aux études francophones dans un pays européen non-francophone, la Finlande. Basée sur l’étude d’un questionnaire distribué à tous les enseignants-chercheurs des universités finlandaises impliqués dans les départements d’études dites françaises, des programmes officiels de chaque département et des pratiques en termes d’enseignement de la francophonie, cette étude propose un premier point sur l’intégration de la f/Francophonie dans ce contexte. Est posée également la question des définitions du terme « francophonie », qui peut revêtir de nombreuses significations. Nous posons l’hypothèse d’une double francophonie, solide (la francophonie canonique, officielle et politique) et liquide (pratiques du français qui vont au-delà de ces frontières), pour traiter de la question. Les résultats montrent que la notion de f/Francophonie semble a priori intégrée dans les dispositifs universitaires finlandais mais qu’elle n’a pas une place centrale ni une définition stable. Pour finir nous proposons une approche « liquide » de la f/Francophonie qui permettrait de sortir de ces frontières officielles et d’en élargir les champs conceptuels et méthodologiques.

This article deals with francophone studies in a European country, where French is not an official language, Finland. Based on a questionnaire which was distributed to all the teaching staff involved in French studies at Finnish universities, official curricula of each department and teaching practices in relation to Francophonie, this study represents a first look at the intégration of f/Francophonie in this context. We also question definitions of the notion of « francophonie », which is polysemic. A double understanding of francophonie is thus proposed to tackle the question: solid (canonical, official and politic francophonie) and liquid (the use of French beyond these boundaries) francophonies. Our results show that the notion is integrated in all the departments of French but that it doesn’t have a central position neither a coherent definition. We end on a proposal which consists in approaching francophonie from a “liquid” point of view, which would allow renewing our understanding of the notion and expand conceptual and methodological ways of dealing with it

Mots-clés


études francophones, Finlande, éducation supérieure, francophonie liquide/solide, perceptions

Texte intégral :

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ISSN : 1916-8470