Politiques éditoriales

Énoncé de mission

Alternative francophone publie des articles dans différents domaines des sciences humaines (linguistique, littérature, philosophie, politique, histoire, etc.,) interrogeant la notion de francophonie dans la pluralité de ses dimensions.

Le journal Alternative Francophone est indexé dans la base du MLA et dans plusieurs bases de données en sciences humaines.

Alternative francophone publishes articles in various fields of Humanities (e.g., linguistics, literature, philosophy, politics, and history) addressing the notion of francophonie in all its many aspects.

 

Politiques de rubriques

Articles

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Débat

Articles d'opinion sur l'actualité de la francophonie

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Notes de recherche

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Compte rendus

Compte-rendus d'ouvrages traitant de la Francophonie dans ses multiples dimensions

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Chronique cinéma

Chronique cinématographique portant sur des films français et francophones

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Contributions libres

Contributions sans lien avec la thématique du numéro

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Articles sur la BD francophone

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Processus d'évaluation par les pairs

L'évaluation des articles se fera de façon anonyme par aumoins deux membres du comité.

L'évaluation prendra en compte l'originalité du texte, son apport pour la pensée francophone, les qualités de rédaction.

L'avis des évaluateurs sera indiquée sur la feuille d'évaluation qui sera communiquée par courriel au contributeur dans un un délai de 4 semaines au maximum.

Le cas échéant, des suggestions seront adressées à l'auteur du texte qui sera invité à en tenir compte dans sa version finale.

 

Périodicité

Alternative francophone est une revue annuelle

 

Politique d'accès libre

Alternative francophone est librement accessible selon le principe que le libre accès du public aux résultats de recherche favorise l'échange mondial de la connaissance.

 

Archivage

Ce journal utilise le système LOCKSS pour entreposer et distribuer le contenu de la revue aux bibliothèques participantes via une page LOCKSS Publisher Manifest. Une licence de LOCKSS apparaîtra dans « Au sujet de la revue » sous archivage:

 

Ligne éditoriale de la revue

La revue Alternative Francophone entend s’engager sur cinq fronts complémentaires qui constituent l’originalité de son apport à la pensée francophone actuelle :

1) Le statut de la langue française

D’un point de vue méthodologique, une Francophonie repensée alternativement ou «par en bas» impose de reconsidérer un certain nombre de postulats, le premier d’entre eux étant le statut (politique, esthétique, éthique) du français en tant que langue dominante ou majeure. Plutôt que d’envisager la Francophonie comme un espace de conquête pour la langue française, il s’agira plutôt d’être attentif aux façons dont celle-ci se transforme au contact de nouvelles situations d’énonciation (migration, exil, post-exil, nomadisme, expatriation, déterritorialisation). Aussi sera-t-il davantage question d’évaluer les modalités linguistiques, littéraires, culturelles et esthétiques de ces transformations que d’émettre des jugements de valeur sur leur nature (appauvrissement, enrichissement, dénaturation, etc.). Dans les situations où il opère sur un mode mineur, au sens où l’entendait Deleuze, le français démontre une plasticité, pour ne pas dire une générosité inédite, laquelle garantit à terme son développement et sa survie. Et ce n’est peut-être bien qu’en envisageant le français comme « langue mineure » (plutôt que comme langue majeure ou langue d’exception) qu’il sera possible de rendre compte du dynamisme réel de la Francophonie.

2) Francophonie et (néo-)colonialisme

Une francophonie alternative doit s’employer à dénoncer les conceptions colonialistes de la Francophonie qui envisagent cette dernière selon la dialectique centre/périphérie. Il s’agira également d’éviter le discours pessimiste, fort répandu de nos jours, qui consiste à ne voir dans la Francophonie qu’un simple faire-valoir de la France et par conséquent a lui ôter tout crédit intellectuel. Dans la perspective d’une relève de la Francophonie, condamnation en bloc et soumission aveugle valent moins qu’une analyse précise et sans concession des modalités institutionnelles, historiques ou économiques de son fonctionnement. Pour le dire autrement, rejeter radicalement la Francophonie ou bien en faire le lieu exclusif du rayonnement de la France, c’est ignorer à la fois la complexité interne de son dispositif ainsi que son inscription dans le contexte culturel international. Par exemple, comment comprendre le statut des études francophones au sein de l’université française en général et leurs rapports aux disciplines de la littérature française et de la littérature comparée en particulier ? Ou encore : comment se fait-il que la Francophonie jouisse d’un tel intérêt hors de France, surtout dans les départements de littérature des universités nord-américaines ? Un des corollaires à ce qui a été dit précédemment n’est autre que la nécessité de promouvoir les échanges entre pays francophones de la périphérie au-delà de la géopolitique des rapports entre Francophonie du Nord et Francophonie du Sud, qui ont souvent un caractère unilatéral et inégalitaire. Plus généralement, au terme d’un sain exercice d’autocritique (qui n’a jusqu’à aujourd’hui jamais été véritablement entrepris), Alternative Francophone souhaite préparer le terrain à une réforme de la Francophonie ;

3) Un post-colonialisme francophone

L’arrivée tardive et désordonnée des études postcoloniales en France, même si elle a son rôle dans cette œuvre de réforme, ne doit pas faire oublier l’actualité aussi bien historique qu’épistémologique de cette Francophonie alternative. Autrement dit, il ne faudrait pas accuser le retard de l’arrivée (pour le moins clandestine) du postcolonialisme en France pour faire de ce dernier un passage obligé, voire exclusif du discours culturel actuel, par le biais d’une importation souscrivant à un hégémonisme anglo-américain. Il serait bien plus urgent, dans un premier temps, d’analyser les raisons de ce retard (pour comprendre ce qu’elles disent notamment du refoulement d’une certaine pensée poststructuraliste française qui revient aujourd’hui, quelque peu reconditionnée, sous la bannière du postcolonialisme), mais aussi d’éviter de dénaturer le postcolonialisme lui-même en l’appréhendant comme simple effet de mode. De surcroît, les études postcoloniales ont été élaborées en milieu anglo-saxon et majoritairement à partir de l’expérience coloniale de l’Empire britannique. Or, les colonialismes, historiquement et idéologiquement, n’ont pas suivi le même modèle et ne peuvent donc pas être compris selon une perspective unique. Il s’agira de prendre en compte les spécificités plurielles du colonialisme français (par exemple selon les aires géographiques : Amérique du Nord, Afrique, Caraïbes, Asie, Maghreb, Proche-Orient) et d’élaborer en conséquence une théorisation postcoloniale adéquate sur les plans linguistique, culturel et politique.

4) Une Francophonie « par le bas »

Cette vision entraîne une hypothèse audacieuse qui annonce un véritable renversement de perspectives : une Francophonie alternative est peut-être aujourd’hui mieux à même de rendre compte de la complexité de l’identité française, y compris sur son propre territoire national. En d’autres termes, la Francophonie peut assister, en pratique comme en théorie (à la manière d’une conscience critique), la France dans son ambition affichée de traiter sa « fracture coloniale », voire de repenser son modèle d’intégration républicain. Véritable laboratoire identitaire, la Francophonie est dépositaire de modèles politique, éthique et esthétique (créolité, métissage, plurilinguisme) capables d’articuler la diversité culturelle en projets culturels cohérents. La France « d’en bas » ne doit pas être conçue en termes strictement sociologiques ; elle est aussi nourrie d’imaginaires et de modèles culturels dont la diversité répond à une variabilité qu’une Francophonie alternative est à même de traduire.

5) Une Francophonie de résistance

La Francophonie peut constituer un avant-poste unique dans le combat contre la domination du Global English (lequel ne doit pas être confondu avec les pratiques locales ou mineures de l’anglo-américain). Pour autant, notre perspective n’est pas de reconduire cette domination sous les espèces de la proclamation idéologique d’un statut d’exception (qu’il convient de distinguer de celui de minorité) pour le français en oubliant qu’il a été lui aussi une langue impériale. Une Francophonie alternative se doit d’accueillir toutes les tentatives de résistance, particulièrement celles en langue française, face aux dérives autoritaires des langues-cultures quelles qu’elles soient (y compris et surtout celles venant du français lui-même).



ISSN : 1916-8470